• 1945 (rédaction de 3°)

    Pendant la première guerre mondiale, deux soldats français se croisent sur une plage, la nuit tombée. 

    L'un d'eux, le caporal Étienne, a reçu des mains d'un prisonnier allemand à l'agonie, une lettre à transmettre à sa famille. 

    Il fait part de cette mission secrète à l'adjudant Ferdinand, dont un camarade a été tué sur le front par ce soldat allemand. 

    Mai 1945, la guerre fait des ravages parmi les hommes. Parmi, Jan, un jeune soldat allemand vient de trouver la mort entre les mains du caporal Étienne, un jeune prodige de l'armée française. Malheureusement, l'honneur d'avoir vaincu l'ennemi n'est pas au rendez-vous. Étienne se retrouve bloqué entre deux choix décisifs.

    La plaine habituellement calme était devenue depuis des mois un vrai champ de bataille où des personnes qui ne se connaissent même pas, se battent pour la liberté, la paix ou une fierté idiote.

    Parmi eux, un jeune allemand qui ne voulait reculer devant rien mais qui pourtant venait de combattre pour la dernière fois. Et même si il y avait déjà tant de morts, le combat prenait sans cesse de nouvelles tournures.

    Et loin du front, caché dans un boyau humide où tombait la pluie dans d'affreux "ploc", il y a Étienne, qui ne voulait penser à rien d'autre qu'à sa fiancée, mais qui pourtant tenait dans ses mains crasseuses, une pauvre lettre.

    Son cœur s'était serré comme un étau lorsque le blond agonisant lui avait confié, à lui qui venait de lui arracher la vie, dans des brouillons de paroles allemandes qu'il retrouvait à présent sur le papier jauni.

    Lorsque Ferdinand le trouva ainsi, le sourire aux lèvres tel un enfant devant son nouveau jouet, il ne put s'empêcher de constater le tableau qu'ils offraient .

    La capote déchirée, leurs affreuses barbes et leurs blessures. Malgré les cris des balles et obus, il s'assit aux cotés du caporal. L'adjudant regarda la lettre que son voisin triturait de ses mains sales.

    - Qu'est ce que c'est? 

    - Une lettre 

    - Je le vois bien caporal! Mais de qui? 

    -d'un allemand, il m'a demandé de l'envoyer à sa famille! 

    -C'est un ennemi Étienne !

    - Je ne pense pas qu'ennemi soit le mot. Si on devait qualifier tout les pions d'ici d'ennemi, je me verrais dans l'obligation de vous tuer!

    Étienne se releva. Il ne comprendrait jamais les yeux remplis de haine de ses compatriotes. Tous ici, est donc contraint de mourir dans la boue sans dire un mot? 

    - C'est ce blond de l'axe, le seul de la troupe allemande, qui me l'a confiée.

    La fureur l'emporta. Ferdinand sentait son courroux se déclencher. C'est ce blond même qui avait tué de sang froid le pauvre Raymond, ce bleuet d'à peine dix neuf ans.

    - Est-ce une blague monsieur? C'est cet homme d'Hitler qui a fait rendre l'âme à ce soldat jeunot de nos troupes!

    -Est-ce une horrible erreur?

    - On ne peut pas dire mieux !

    - Est-ce une trahison?

    - Oui c'est même punissable !

    - Alors vous l'êtes aussi !

    Étienne le toisa de toute sa hauteur. Leurs idées n'étaient-elles pas censées être les mêmes ? 

    - Je vous demande pardon ? 

    - C'est vous qui avait envoyé ce gosse sur les premières lignes alors que vous restiez sagement à l'abri à l'arrière! si moi je mérite la punition pour avoir pris une simple lettre dans le but de l'envoyer à la famille de notre pauvre frère...

    - Frère? mais vous...

    - Laissez moi finir! Alors vous, vous méritez le peloton d’exécution pour avoir agit en lâche! D'ailleurs, nous sommes tous des lâches ici! au lieu de nous serrer la main on la coupe comme une vulgaire mauvaise herbe! Désolé Ferdinand mais nous n'avons pas la même idéologie d'un monde soudé! Et soyez sûr que cette lettre atteindra sa destination! Sur ce, adieu!

    Il s'éloigna au pas de course, comme un feu follet et disparut dans le tumulte, laissant un homme pataud derrière lui.

    Fin 1945, la guerre prend fin. Résultat de millions de morts, parmi eux, l'adjudant Ferdinand, mort sur le front à quelques heures près de celle de Jan et Raymond.

    Étienne est rentré chez lui, certes blessé, mais à présent marié et père de trois enfants...


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